28.10.2007

Mea non culpa est

C'est quand même en Lettres, qu'il y a la plus grande concentration d'émasculés du subjonctif au mètre carré. Bon, je dis pas que, en Sciences, les gens brillent par leur culture. Mais au moins ils ne génocident pas Camus de par leur débilité simiesque.
Tenez, par exemple, l'autre jour. l'autre jour, donc je dialectisais avec une charmante demoiselle, que je n'ai toujours pas sauté, titulaire d'une Licence de Lettres Modernes. Ce détail aura son importance par la suite. Donc cette charmante demoiselle, au lieu de succomber à mon charme latin, comme l'aurait fait n'importe quelle femelle humaine, m'importunait l'oreille avec des considérations d'une telle bassesse intellectuelle que ma libido avait atteint son point le plus bas depuis la guerre de trente ans. J'en étais à ne plus la désirer, elle, son regard châtain catin, sa beau amande douce et son QI de moule. Mais un moment, l'espace d'un instant, j'entrevois la possibilité d'un dialogue. En effet, après avoir disserté sur la supériorité de ses études sur les études de Sciences, par le biais de raccourcis sophistes et de clichés éculés, elle entreprenait de me démontrer par 2+2=3 que son sexe était supérieur au mien.
En privé, il est vrai, j'avoue volontiers la supériorité de la Femme. En effet, qu'y a-t-il de plus érotique qu'une femme, si ce n'est plusieurs femmes?
Je suis un éternel amoureux des femmes, transis d'amour devant tout ce qui porte un porte jarretelle, pleurant devant la beauté du tableau d'une femme lisant à la lumière de sa fenêtre, le chat Bebert sur les genoux.
Mais bon, il fallait faire bonne figure et ne pas se rendre sans une passe d'arme, pour l'Honneur.
Je lui dis:
"Si les filles sont tellement géniales, comment ce fais-ce que Céline soit un homme?"
Je pensais, bien naïvement la toucher par ce trait d'humour.
Et alors là, elle me regarde, ne comprend pas, et ne trouve rien d'autre à répondre que:
"Céline? Céline Dion?"

378e3df13804afaacb20decab31c7203.jpg

23.09.2007

15 secondes de célebrité

Ça y est, je suis célèbre. Enfin pas encore. Mais bientôt. Mes livres n’ont toujours pas trouvé d’éditeurs, mais ça ne saurait tarder, je vais envoyer le cercle des amoraux à un éditeur, un jour. Un jour, quand je l’aurais fini… et ce jour-là à moi la gloire, la drogue et les putes. Le Nietzsche du XXIIe siècle ferra référence à mon œuvre, le Sartre de l’an 3000 m’enseignera, j’éclipserai Homère…

En attendant d’être au programme de l’agrégation de 2035, j’écris et personne ne me lit. En fait si, il y a ce blog, avec quelques billets d’humeur, mais pas de roman, pas d’essais, pas de pensées développées, étudiées, éclairées par différents personnages pour en faire ressortir tout le relief. Pour ce qui est du format papier, quelques personnes me lisent, dont une fille, que la passion d’écrire démange. Le soir, au coin d’un bar, au bord d’une bière ou d’un vin de Moselle, on joue au concours du premier qui refusera le Prix Nobel de Littérature et à celui, moins ambitieux, de celui qui est le plus avancé dans son premier roman. Pour le moment c’est moi qui gagne avec 35 000 mots.

L’autre jour, on comparait nos talents, en vidant nos comptes en banque pour vider des verres de porto. Et puis d’un coup, sans prévenir, elle me dit :

« Au fait, je t’ai mis dans un de mes romans. »

À moi la gloire, on ne me publiera pas le cercle, on ne m’invitera pas à ARTE, on ne me donnera pas de distinction que je puisse refuser. Mais si elle, si elle devient célèbre, alors à moi la Gloire. Peut-être que j’accepterai de jouer mon propre rôle lors de l’adaptation cinématographique. Peut-être que je me contenterai de demander des royalties. L’impatience me brûlait, l’alcool aussi, je voulais savoir. Serais-je un gentil, un bon ? Un pauvre Humaniste lynché par une foule en furie pour ne pas s’être découvert devant la procession de Ste Catherine ? Ou alors, une brute, un truand ? Un triste sire, vivant seul et reclus, rongé par sa haine du Monde ?

« -Et je fais quoi dans ton roman ?
-Tu tiens la porte à l’héroïne.
-Et c’est tout ?
-C’est tout.
-Je dis quelque chose au moins ?
-Non.»

Finalement la célébrité, c’est plus ce que c’était. Ça ne dure même plus 15 minutes… tout juste 15 secondes…