23.09.2007

15 secondes de célebrité

Ça y est, je suis célèbre. Enfin pas encore. Mais bientôt. Mes livres n’ont toujours pas trouvé d’éditeurs, mais ça ne saurait tarder, je vais envoyer le cercle des amoraux à un éditeur, un jour. Un jour, quand je l’aurais fini… et ce jour-là à moi la gloire, la drogue et les putes. Le Nietzsche du XXIIe siècle ferra référence à mon œuvre, le Sartre de l’an 3000 m’enseignera, j’éclipserai Homère…

En attendant d’être au programme de l’agrégation de 2035, j’écris et personne ne me lit. En fait si, il y a ce blog, avec quelques billets d’humeur, mais pas de roman, pas d’essais, pas de pensées développées, étudiées, éclairées par différents personnages pour en faire ressortir tout le relief. Pour ce qui est du format papier, quelques personnes me lisent, dont une fille, que la passion d’écrire démange. Le soir, au coin d’un bar, au bord d’une bière ou d’un vin de Moselle, on joue au concours du premier qui refusera le Prix Nobel de Littérature et à celui, moins ambitieux, de celui qui est le plus avancé dans son premier roman. Pour le moment c’est moi qui gagne avec 35 000 mots.

L’autre jour, on comparait nos talents, en vidant nos comptes en banque pour vider des verres de porto. Et puis d’un coup, sans prévenir, elle me dit :

« Au fait, je t’ai mis dans un de mes romans. »

À moi la gloire, on ne me publiera pas le cercle, on ne m’invitera pas à ARTE, on ne me donnera pas de distinction que je puisse refuser. Mais si elle, si elle devient célèbre, alors à moi la Gloire. Peut-être que j’accepterai de jouer mon propre rôle lors de l’adaptation cinématographique. Peut-être que je me contenterai de demander des royalties. L’impatience me brûlait, l’alcool aussi, je voulais savoir. Serais-je un gentil, un bon ? Un pauvre Humaniste lynché par une foule en furie pour ne pas s’être découvert devant la procession de Ste Catherine ? Ou alors, une brute, un truand ? Un triste sire, vivant seul et reclus, rongé par sa haine du Monde ?

« -Et je fais quoi dans ton roman ?
-Tu tiens la porte à l’héroïne.
-Et c’est tout ?
-C’est tout.
-Je dis quelque chose au moins ?
-Non.»

Finalement la célébrité, c’est plus ce que c’était. Ça ne dure même plus 15 minutes… tout juste 15 secondes…

26.10.2006

Souvenirs...

Voici un vieux texte... ma deuxième Kronik pour l'AXIOM' en version longue, sans edit pour rentrer dans le journal. Nous sommes en Fevrier 2004...

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La Saint Valentin… Fête (si on peut l’appeler ainsi) redoutée de tout possesseur de chromosome Y qui se respecte un temps soit peu, elle est surtout une déchirante et douloureuse épreuve pour de nombreux célibataire qui doivent aller acheter leurs revues d’anatomie humaine dans un décors exaltant l’Amour.
Cette année, cependant, j’avais décidé de poser un lapin à la fâcheuse réputation acquise après des années d’une impitoyable démonstration par récurrence que j’avais d’être toujours seul pour cette occasion si spéciale de l’année (La Fête du fils d’une collègue de Bureau de ma Mère) qui me collais à la peau avec l’obstination d’un Pépé le Putois. J’avais pour cela demandé leur avis aux plus grands spécialistes de la question féminine : les Femmes elles mêmes.

Une des réponses qui revenait le plus fréquemment était l’honnêteté. Lorsqu’ enfin a mon goût femelle convenue je m’en dirigeât d’un pas sur de la victoire de par les prodigieux conseils qui m’avait été prodigué au par avant. Je tenus a l’intention de la demoiselle en question a peu près ce langage :
« Salut, Je n’éprouve aucun sentiment pour toi, a peine une base désirance sexuelle. Le seul intérêt que je te trouve c’est la possibilité d’oublier une autre fille en couchant avec toi. Je n’ai absolument rien à t’apporter, je suis qu’un pervers narcissique qui te ferra traverser les pires enfers sans rien en retour. Tu veux sortir avec moi ? »
Convaincus que la baffe que je reçut a la fin de cet entretiens ne pouvait avoir été provoqué que par la réplique finale qui n’était digne que d’un élève de sixième au vocabulaire aussi limité que mon tableau de chasse (je ne chasse pas, je suis végétarien) je m’en suis aller réitérer l’expérience auprès d’une fille au tour de poitrine aussi alléchant qu’un 17 en analyse.

C’est alors que les sages paroles de ma Sainte Mère, celle la même qui préféra accoucher plutôt que prendre l’apéro, me revinrent… les filles aiment les mecs qui cuisinent ! Ca tombe bien j’adore cuisiner moi !
J’entrepris donc de cuisiner pour une fille dont je tairais le nom par pure charité chrétienne, alors même que je suis taoïste. Cette fille avait tout pour elle : Elle était d’une intelligence rare et pouvait citer des poète allemand du XIX ème tout en discutant de physique nucléaire, la richesse de son vocabulaire et de sa syntaxe grammaticale n’avait d’égale que la profondeur de sa gorge. Elle avait une voix merveilleuse et hypnotique, son sens de l’humour, décalé n’aurait été qu’une simple preuve supplémentaire de son intelligence si ce n’était son originalité surprenante.La perle rare qu’on ne trouve que dans nos rêves les plus fantasques.

J’avais pour elle ouvert le livre de cuisine que ma sœur m’avait offert pour mon anniversaire (17 Août pour ceux et celles qui veulent me faire un KADO !!!). Bien que le titre stipulait Recettes rapides et légères (MERCI BEAUCOUP Nanou, tu peux être sure que j’te revaudrais ça !!) il contenait quelques plats délicieux. Je me mis donc à l’ouvrage pour réaliser une omelette au roquefort et aux fines herbes, un curry de légume et des crêpes à l’orange flambées au Rhum. Ainsi je comptais la séduire non seulement par mon charme et mon charisme (j’en vois un qui rigole la bas !), mais aussi par le délicieux et la diététique de ma cuisine.
Tout ce passait a merveille, j’avais même fait une folie, j’avais dépensé l’argent pour manger six semaines, soit QUARANTE DEUX jours ou 48 repas au RU, dans un vin, mais pas n’importe lequel, Un Château V.(pas de pub) 1987, un des meilleurs Saint Emillion, un rouge, ou devrais-je dire le rouge. Superbe, étonnant de finesse. Couleur coucher de soleil, odeur d'été, toucher petale de rose, gout d'Eden. Une merveille rarissime dont mes palais rêvent chaque nuit… Cette salope a mit de l’eau dedans !
Que Gandhi me pardonne, mais j’ai du renoncer a mes engagements non-violents, c’était justifié…

En conclusion j’ai passé la Saint Valentin, comme chaque année,seul dans mon grand fauteuil de cuir avec un verre de Martini à la main, la 7ème symphonie de Mahler dans la chaîne a médire sur l’incapacité des femmes a reconnaître un bon coup.