08.07.2007

À la santé de ceux qui seront morts demain!

Warol d'Euffod leva son verre. En sa qualité de président du Cercle des Amoraux, il lui revenait l'honneur de porter un toast.

"Par delà le bien et le mal, par delà le noir et le blanc,
Nous seuls voyons, les autres sont non-voyants.
Buvons mes frères, buvons de bons vins
Aimons de belles femmes, et faisons gras.
Faisons gras même le Vendredi, on sera mort demain
C'est notre lot à tous, Dieu aussi, mourra

C'est pourquoi, nous allons tous nous lever.
Nous allons prendre notre verre à la main et trinquer.
Que chacun embrasse son voisin,
Au diable, la Morale, soyons fous, soyons nus
Ce soir, Dieu est notre unique témoin
Festoyons, jurons, foutons dans le con et dans le cul!

Jouir et mourir, voilà notre unique credo
Jouir et mourir, quel beau cadeau!
Baisons, buvons, mangeons, mais en Alexandrin,
Rien de ce qui est beau ne devrait être interdit,
Notre seul impératif est de nous faire du bien,
Avant de disparaître dans la Nuit.

À la santé de ceux qui seront morts demain!"

Tout le monde applaudit, personne ne remarqua que les vers n'étaient pas des Alexandrins. Et la soirée commença, on fit toutes sortes de choses interdites, et l'on mourut le lendemain pour certains, 20 ou 30 ans après pour d'autres. L'espace d'une Nuit, le Noir et le Blanc devinrent deux nuances du Gris, l'espace d'une Nuit, le Bien et le Mal, le Moral et l'Immoral disparurent en un concerto d'Amoralité.